Alimentation


Spéculation
Dans un rapport publié hier, le CCFD-Terre solidaire pointe l’absence de régulation qui prévaut sur les marchés agricoles mondiaux et engendre les crises. Entretien avec Maureen Jorand, responsable souveraineté alimentaire. CCFD-Terre solidaire   En 2007-2008 éclatait une crise de la faim mondiale induite, en grande partie, par la volatilité des prix alimentaires. Dix ans après, où en est-on ? Maureen Jorand Les prix alimentaires demeurent, depuis, constamment très élevés, tout en continuant de fluctuer de façon importante. Cette volatilité a un impact direct pour les paysans. On a ainsi assisté récemment à une crise majeure en Côte d’Ivoire : le prix du cacao avait brutalement chuté sur les marchés mondiaux. Les producteurs qui avaient vendu à l’avance leur récolte se sont retrouvés dans une situation extrêmement compliquée, ayant envisagé un prix bien plus élevé. Lorsque le prix fluctue à la hausse, le problème se pose cette fois pour les consommateurs. Dans certains pays, le budget alimentaire peut représenter jusqu’à 60 % du revenu des ménages. On comprend bien que lorsque le prix du sorgho, du blé ou du riz prend 30 % à 40 % de plus, cela nuit à leur capacité d’achat. En 2011, le G20 s’était pourtant engagé à lutter contre cette volatilité… Maureen Jorand Lorsque le G20 avait lancé son plan d’action, la société civile avait salué la démarche, tout en pointant qu’elle n’allait pas suffisamment loin. Les facteurs qui attisent la faim avaient été identifiés – la spéculation, le développement des agrocarburants, l’absence de transparence et de régulation sur les marchés agricoles… –, mais les moyens d’agir n’avaient, pas été actés. C’est aujourd’hui un fait démontré. La hausse des prix survenue en 2011-2012 sur les produits agricoles et alimentaires l’illustre bien. La FAO et la France avaient, à l’époque, appelé à déclencher ce que l’on nomme le Forum de réponse rapide. Créé dans le cadre du plan d’action du G20, celui-ci visait à pouvoir prendre des décisions politiques rapides pour freiner une éventuelle flambée des prix alimentaires. Pourtant, on ne l’a finalement pas fait intervenir… de crainte d’alerter les spéculateurs, de raviver la tension sur les marchés et avec elle la flambée des prix. De fait, ce forum n’était pas une mauvaise idée en soit, mais elle était incomplète, dans la mesure où elle n’était adossée à aucun mécanisme de régulation. Quels pourraient être ces mécanismes ? Maureen Jorand On met le doigt sur un sujet épineux, à savoir quelle place doit occuper l’agriculture dans le commerce et les marchés mondiaux ? Le fait est que ce n’est pas une denrée comme les autres. On parle là d’enjeux vitaux. Interdire la spéculation sur les denrées alimentaires serait une option raisonnable. En attendant, il faut de la régulation et de la transparence. Cela ne se fera pas sans une autorité de régulation apte à empêcher des financiers d’acheter et de revendre dans la même journée des quantités importantes de nourriture ; cela suppose aussi de reconsidérer les accords de libre-échange signés avec l’Afrique, lesquels accentuent la spéculation. Votre rapport dénonce enfin une fragmentation de la gouvernance alimentaire mondiale… Maureen Jorand Les espaces censés favoriser des discussions entre États membres des Nations unies ou de l’OMC sont aujourd’hui directement concurrencés par des clubs de pays, des initiatives privées ou des forums économiques qui mènent des discussions en petits groupes. Cette fragmentation permet la duplicité des discours et l’incohérence des politiques publique. Cela vaut aussi à l’échelle nationale. Prenons l’exemple de la France, avec les états généraux de l’alimentation. J’ai participé à l’atelier portant sur la conquête des parts de marché à l’international. Par ailleurs sera discutée, le 20 octobre, la politique de la France pour la sécurité alimentaire à l’international. Dans le premier atelier, les trois quarts des intervenants étaient des représentants de l’agro-industrie ; dans celui à venir, beaucoup seront des ONG. Dans le premier, on aura considéré les pays du Sud comme des espaces commerciaux à conquérir ; dans le second, on entend parler de sécurité alimentaire. C’est incohérent et absurde. https://www.humanite.fr/maureen-jorand-la-speculation-attise-toujours-la-faim-643847 Partagez :0

Maureen Jorand : « La spéculation attise toujours la faim »


agriculture bio
Le gouvernement a décidé de ne plus soutenir le développement de l’agriculture bio. Les aides à la conversion seront tout simplement supprimées. Une triste nouvelle pour l’écologie. L’agriculture et l’alimentation doivent se réformer de façon urgente pour produire mieux et de façon plus respectueuse de l’environnement. La tenue des états généraux de l’alimentation constituait un signal plutôt positif de la part du gouvernement d’avancer dans le sens de la transition écologique de l’agriculture. Or le Ministre de l’Agriculture vient de porter un coup d’arrêt au développement de l’agriculture bio en supprimant les aides à la conversion dans les trois prochaines années. “Jeudi noir” pour l’agriculture bio Ce sont les mots de la FNAB, Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique, porte-parole des producteurs bio et interlocuteur du gouvernement. Les producteurs regrettent amèrement la décision du ministre, dénonçant un “renoncement politique historique“. Plus aucune aide pour la conversion à l’agriculture bio La conversion à l’agriculture bio est un choix qui demande souvent un engagement à la fois financier et moral de la part des agriculteurs. C’est une décision qui demande d’être accompagnée, et l’aide financière aux conversions décidait bon nombre de producteurs à s’engager. Leur suppression portera un coup d’arrêt au développement de l’agriculture bio, pourtant en belle hausse depuis plusieurs années, suivant la demande toujours en hausse exponentielle. La tristesse des producteurs bio français © MADSOLAR ” Cette décision vient contredire les promesses de campagne du Président de la République sur les paiements pour services environnementaux (PSE) et l’introduction de produits bio dans les cantines “ dénonce Stéphanie PAGEOT, Présidente de la FNAB. ” Cela témoigne d’un manque criant de courage politique face à l’agro-industrie et l’agro chimie “. Un renoncement en effet vécu de façon très brutale par les promoteurs de l’agriculture bio, qui avaient lancé une pétition pour maintenir les aides à la bio il y a quelques jours, que nous avions relayée sur les réseaux sociaux. “La “révolution” promise par le candidat Macron dans son livre-programme n’aura pas lieu : c’est un rendez-vous historique que vient de manquer le gouvernement français“, dénonce amèrement la Fnab dans son communiqué. Effectivement, un bien triste “jeudi noir” en plein été pour l’agriculture française… A lire aussi : L’agriculture bio progresse dans votre quotidien Pour les scientifiques, l’agriculture biologique peut nourrir 9 milliards d’habitants en 2050 Sources : http://www.fnab.org/images/files/espace_presse/CP_FNAB-280717_Jeudi-noir-pour-lagriculture-biologique-VF.pdf https://www.consoglobe.com/gouvernement-coup-darret-developpement-agriculture-bio-cg Partagez :0

Le gouvernement signe un énorme coup d’arrêt au développement de l’agriculture bio


2
>>>À la question «que trouve-t-on dans une boîte de thon», vous répondriez «du thon». C’est exact, mais pas que… L’association 60 Millions de consommateurs a analysé la composition de 15 boîtes de thon vendues dans les grandes surfaces et y ont détecté toutes sortes de choses : arsenic, mercure, fragments d’organes ou arêtes… >>Les grandes marques (Petit Navire, Saupiquet, Connétable, etc.) comme les marques de distributeurs (Carrefour, Auchan, Leader Price, Casino, etc.) ont été testées. Et le résultat est donc édifiant. «Globalement, la conserve de thon de Leader Price s’en sort le mieux. Pour le mercure, trois références dépassent la moitié de la valeur réglementaire, qui est de 1 mg/kg : Petit Navire, Capitaine Nat’et Odyssée (Intermarché). L’arsenic présent dans la plupart des conserves analysées atteint même 1,7 mg/kg chez Capitaine Nat’, un taux près de six fois plus élevé que dans le produit Carrefour», précise l’enquête. La composition de la chair et du jus a également été analysée. Surprise : des arêtes, en quantité plus ou moins importante, ont été détectées. «Le thon Albacore au naturel de Cora est la marque qui en contient le plus. Mais on en trouve aussi dans le thon Saupiquet, pourtant l’une des références les plus chères de notre panel», souligne l’association. Moins de 20 % de poisson dans certains surimis Enfin «trois références – Saupiquet, Pêche Océan (E. Leclerc) et Casino – présentent des fragments de cœur. Des traces d’ovocytes ont également été détectées dans le thon Cora». Et ce n’est pas mieux pour le surimi, si certaines marques ont diminué les additifs et augmenté la part de poissons (au moins 50 %), certains produits demeurent catastrophiques avec moins de 20 % de poisson, de mauvaise qualité de surcroît, et de la farine, de l’huile, du sucre, du sel, des colorants et des additifs divers», a commenté Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, qui apprécieront. Source : La Dépêche du Midi Partagez :0

Thon en boîte : l’enquête choc de 60 Millions de consommateurs